Xénope lisse

Pour éradiquer la grenouille invasive de la mare, la ville va sortir les grands moyens est l’article paru dans la Voix du Nord le 03 juillet dernier. La commune de La Chapelle-d’Armentières fait face depuis quelques années à la présence du Xénope lisse, Xenopus laevis sur un de ses sites.

L’amphibien est une espèce exotique envahissante en provenance d’Afrique sub-saharienne importé par l’homme comme modèle d’étude pour la production de tests de grossesse. La proximité entre le lieu de la première observation de Xénope lisse dans le milieu naturel et un laboratoire de recherche les utilisant suggère le lien direct entre son introduction dans l’environnement et son exploitation.

Les études menées sur l’espèce démontrent sa capacité reproductive élevée. Capable de pondre plusieurs fois par an et plus de 1000 œufs à chaque fois, le Xénope peut ainsi rapidement constituer des populations importantes. Les conditions environnementales lui étant favorable, il est de plus peu soumis aux aléas climatiques et n’a pas de prédateurs identifiés.

A cela s’ajoute son régime opportuniste carnivore. L’amphibien se nourrit d’une large variété de proies et a ainsi un impact conséquent sur les populations indigènes. Il fut ainsi exposé que le Xénope lisse se nourrit des œufs et des larves d’amphibiens mais aussi de mollusques, de poissons, d’insectes aquatiques et d’amphibiens adultes. Outre sa prédation, il rentre en compétition avec ces mêmes espèces pour les ressources alimentaires et l’utilisation du milieu. Pour compléter le tout, il est porteur sain de deux agents pathogènes, le ranavirus et la chytridiomycose et pourrait ainsi engendrer la mort d’autres espèces d’amphibiens.

Le Xénope lisse est à ce jour, à l’échelle de la région, présent uniquement sur la commune de La Chapelle-d’Armentières. Intervenir rapidement et efficacement en est donc d’autant plus prioritaire afin d’éviter sa dispersion vers d’autres plans d’eau. A ce titre, le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France porte un projet d’éradication de l’amphibien dont la mise en oeuvre débutera dans l’été pour une période d’un an. Cette action consistera à débarrasser la mare de l’espèce exotique envahissant sans impacter les espèces autochtones.

Financé dans le cadre du Plan de relance par la DREAL Hauts-de-France et l’Agence de l’eau Artois-Picardie, le projet est mené en proche collaboration avec le Groupe ornithologique et naturaliste du Nord et du Pas-de-Calais avec le soutien de la commune de La Chapelle-d’Armentières.

L’article est consultable >>ici<<. Pour plus d’informations, merci de contacter Marie Angot, chargée de mission Espèces exotiques envahissantes au Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France (m.angot@cen-hautsdefrance.org).

Photo. Xénope lisse, Xenopus laevis ©Robin Quevillart