Lyciet commun ©Jean-Christophe Hauguel
LES DÉBUTS D’UNE COLLABORATION

Le 09 octobre 2020 s’est réunit pour la première fois le groupe d’expertise scientifique et technique (GESTe) sur les espèces exotiques envahissantes. Cette rencontre avait pour objectif d’initier une collaboration entre 11 structures identifiées, de discuter des étapes d’élaboration de la stratégie régionale et de les valider collégialement.

GESTe ? « Cheville ouvrière », ce groupe a pour fonction de contribuer à la rédaction de la stratégie régionale avec le comité de coordination, d’organiser et de mettre en oeuvre la hiérarchisation régionale des EEE, d’assurer la veille sur ces espèces et d’être le relais auprès des réseaux locaux.

Pendant une matinée, les 5 Directions Départementales du Territoire (et de la Mer) (DDT(M)), la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL), l’Office Français de la Biodiversité (OFB), le Cerema, Picardie Nature, le Groupement Ornithologique du Nord et du Pas-de-Calais (GON), l’Association régionale de pêche, la Fédération régionale des chasseurs, le Conservatoire Botanique National de Bailleul (CBNBl), le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) et le Conseil régional se sont ainsi réunis.

AU CŒUR DES DISCUSSIONS

A l’issu de cette réunion, un planning prévisionnel de chaque étape de l’élaboration de la stratégie régionale était validé. Ambitieux, il prévoit  de finaliser la rédaction de la stratégie au second semestre 2021 et de débuter ainsi sa mise en oeuvre sur 5 ans. La gouvernance et l’organisation entre les différents groupes de travail ont aussi été abordées.

UNE AFFAIRE DE PRIORITÉ

La hiérarchisation des espèces exotiques envahissantes est un axe majeur de la stratégie régionale. Ce projet nécessitant dans un premier temps de sélectionner une méthode d’évaluation, il fut décidé de mettre à l’oeuvre une méthode nationale, non publiée, développée par l’UMS PatriNat (MnHn ; OFB ; CNRS). 3 espèces seront soumises à cette évaluation : le Raton-laveur, le Gobie à tâches noires et le Frelon asiatique.

Pourquoi cette sélection ? Tout l’intérêt de cette première évaluation étant d’identifier les limites de la méthode et d’en tester l’opérationnalité, les espèces sélectionnées se devaient de présenter des différences dans leurs stades de propagation dans les Hauts-de-France ainsi que dans la connaissance plus ou moins approfondie de leurs impacts, comportement et écologie. Si le frelon asiatique est bien présent en région, le raton-laveur n’en est qu’à un stade moins avancé de son invasion sur le territoire des Hauts-de-France et il semblait donc intéressant de comparer les résultats de l’évaluation d’impacts entre ces deux espèces. L’étude du gobie à tâches noires est également d’un intérêt tout particulier. Présente dans nos cours d’eau, l’espèce est encore relativement méconnue et ses impacts non évalués. Bien que le caractère envahissant de l’espèce ne soit pas encore clairement reconnu, le potentiel existe et il est donc urgent d’évaluer le risque posé par ce poisson.

La gestion des EEE végétales et animales adressant des problématiques différentes, il fut décidé de réfléchir à une autre méthode d’évaluation pour la flore. Le CBNBl étant la structure régionale experte, elle fut naturellement identifiée pour porter cette démarche.

A SUIVRE. Une réunion du Groupe de travail Hiérarchisation permettra de confronter les résultats de cette première évaluation et de confirmer ou non le choix des méthodes identifiées.